La communauté du noyau Linux renonce à demander aux contributeurs s'ils ont utilisé des outils d'IA. Sasha Levin, développeur du noyau et ingénieur chez Nvidia, a annoncé sur la liste de diffusion que le Maintainers Summit avait trouvé un consensus pour déprécier le tag Assisted-by et retirer la documentation qui l'exigeait. Cette règle demandait à quiconque utilisait un outil de codage avancé pour créer un patch de le signaler par ce tag dans le message de commit. Proposée en juillet 2025, elle avait été intégrée à la documentation en janvier 2026, peu après que Linus Torvalds s'était dit plutôt favorable au vibe coding comme porte d'entrée vers la programmation, tout en restant sceptique sur la maintenabilité.
Selon l'article, l'attribution posait peu de question tant que le code généré était manifestement mauvais ; depuis un an environ, les agents produisent un code de qualité acceptable pour le noyau. En août, au Open Source Summit de la Linux Foundation en Corée du Sud, Greg Kroah-Hartman jugeait les LLM assez bons pour trouver des bugs, puisqu'ils reconnaissent des motifs et que le code n'est que motifs dans un format donné. Les inquiétudes demeurent : erreurs non détectées, responsabilité, reproduction de code protégé. Une stigmatisation persiste aussi envers ceux qui ne comprennent pas le code obtenu par prompt. Les éditeurs eux-mêmes divergent : Claude ajoute par défaut une mention de provenance, Codex non.
Jeff Layton, de Red Hat, avait justifié le retour en arrière par trois arguments : tout le monde ne respecte pas la règle, elle fait de la publicité gratuite aux éditeurs de LLM propriétaires, et l'intérêt de collecter cette information n'est pas établi. Laurent Pinchart, fondateur d'Ideas on Board, refuse de retirer le tag sans autre mécanisme de divulgation : il s'agit de dire ce que l'on attend, et le fait que certains trichent n'a jamais empêché de rejeter leurs contributions.
Linus Torvalds lui a répondu qu'il ne s'agissait pas d'attentes mais de blocages personnels. Il propose ironiquement d'interdire les compilateurs, au motif que seul l'assembleur prouverait la compréhension de la machine, puis les éditeurs pour les messages de commit, et qualifie ce type de règle d'absurde. Le projet ne fera pas de règles interdisant un outil pour une tâche. Son attente est que chacun fasse de son mieux et comprenne ce qu'il fait, ce qui dépend peu des outils ; et les personnes qu'il respecte ne fuient pas les outils nouveaux.