BCG consacre un volet de son rapport M&A 2026 à la façon dont les entreprises hors du secteur technologique devraient acquérir des capacités d'IA. Le réflexe d'achat est fréquent, mais les modèles et outils progressent si vite qu'on risque de payer une prime de contrôle pour des capacités bientôt dépassées ou banalisées. Beaucoup sont accessibles sur étagère ou via un partenaire : l'enjeu est de savoir où la propriété compte vraiment.
Le marché s'est transformé. Les acquisitions liées à l'IA ont bondi en 2025 à tous les niveaux de la pile, avec 1 355 opérations, et les acheteurs non-tech ont réalisé la majorité des rachats de sociétés de logiciels et d'applications IA. Les alliances et coentreprises ont plus que doublé entre 2024 et 2025, à plus de 1 300, et rivalisent désormais avec les fusions-acquisitions. Les investisseurs saluent ces opérations : le rendement à l'annonce croît de 0,3 % pour le matériel à 0,5 % pour le logiciel, et dépasse 0,8 % quand l'acheteur de logiciel IA n'est pas une entreprise tech, alors que les acheteurs tech ne suscitent presque aucune réaction. Cette prime repose sur une attente, ce qui élève l'exigence de résultat.
How Non-Tech Companies Should Buy AI in 2026
Les auteurs proposent d'évaluer chaque capacité selon sa capacité à différencier l'entreprise et sa disponibilité sur le marché. Il en résulte quatre options : adopter une solution du marché, s'associer à un partenaire, construire à partir de ses propres actifs, acheter un actif rare. Le principe directeur est de choisir la structure la plus légère qui donne l'accès ou le contrôle nécessaires tout en gardant la liberté de changer. Six signaux affinent le choix : différenciation, urgence et banalisation, capacité du marché, intégration et gouvernance, économie de la cible, optionalité et dépendance. Le plus souvent, la décision penche vers le partenariat ou la construction. Une structure légère n'est pas plus simple pour autant : neuf partenariats industrie-tech sur dix manquent leurs objectifs, d'où l'importance de clarifier données, propriété intellectuelle, portabilité et conditions de sortie.
Trois secteurs illustrent la grille. Dans l'industrie, Schneider Electric rachète Cognite pour contrôler la couche données de ses produits. Dans les biens de consommation, L'Oréal s'associe à Nvidia, son avantage tenant à ses données biologiques sur la peau et le cheveu. Dans l'énergie, Shell s'allie à SparkCognition pour l'exploration. La règle commune : acheter quand l'IA devient un avantage concurrentiel, s'associer quand elle est une infrastructure partagée. Quelle que soit la structure, l'entreprise doit absorber la capacité et refondre ses workflows. Les gagnants feront de la propriété l'exception et de l'adaptabilité la règle.