Dans ce post du 9 octobre 2026, Addy Osmani, qui travaille quotidiennement avec des agents, observe des réactions opposées chez les ingénieurs : certains se sentent enfin dans une équipe de stars, d'autres pleurent la mort de leur métier et se sentent vides. Plutôt que de choisir un camp, il récuse la division usuelle entre ceux qui aiment coder et ceux qui aiment livrer, qu'il juge trop simpliste, et invite chacun à identifier ce qui, dans son travail, le nourrit le plus.

Il distingue trois sources de joie, entremêlées de façons variées. La première est la joie de faire, ou flux : modeler les choses de ses mains et sentir le moment où tout s'emboîte. La deuxième est la joie de savoir : posséder un modèle mental du système assez solide pour deviner où se trouve un bogue en parcourant des fichiers. La troisième est la joie de compter : savoir que l'on est l'expert dont tout dépendait. Les agents touchent chacune différemment, ce qui explique que le débat soit confus : on pleure des pertes différentes et l'on argumente depuis des endroits différents.

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— Addy Osmani — Member of Technical Staff chez Anthropic , linkedin.com

La joie de faire est la plus facile à préserver : elle monte d'un niveau. On ne façonne plus chaque ligne mais le système, ou l'usine, dans une boucle assez rapide pour que le flux reste possible, et rien n'empêche d'écrire le code soi-même quand l'ancien flux manque. La joie de savoir est la plus menacée. Il arrive de chercher une conception qu'on devrait pouvoir produire d'emblée et de ne rien trouver. Choisir parmi les propositions d'un agent est une autre compétence que concevoir une idée : si l'on choisit toujours sans jamais concevoir, la capacité de concevoir s'érode. On ne peut pas diriger ce que l'on ne comprend pas, même vaguement ; sans compréhension de sa base de code, ce n'est pas l'ingénieur qui dirige l'agent mais l'inverse.

Reste la joie de compter. L'obsolescence concerne l'ingénieur, mais son jugement, et le besoin de jugement, n'ont jamais été aussi importants : il décide des problèmes à résoudre, apporte son goût et assume tout ce qui est livré. Osmani ajoute que la tristesse n'est pas un échec d'adaptation : le deuil traduit un attachement, et il est naturel quand le travail change de forme. Il conclut en invitant à s'appuyer sur ce qui rend le travail personnel.

Le schéma qui accompagne le texte est un diagramme de Venn à trois cercles, dont le cercle du savoir est en pointillé. Il associe à chaque joie un effet des agents (à conserver, le plus à risque, déplacée vers le jugement), place « you » au centre comme mélange des trois, et ajoute deux notes : choisir n'est pas concevoir, et qui dirige. Sa légende dit que le deuil est la manière dont on ressent ce à quoi on tient, puis qu'il faut trouver ce qui est spécifiquement à soi et le renforcer.